L’abus de biens sociaux

L’abus de biens sociaux, « l’ABS », vous en avez sûrement déjà entendu parler. Voici le résumé très clair fourni par le site Open, des éditions Lefebvre Dalloz :

L’abus de bien sociaux consiste dans le fait, pour certains dirigeants de sociétés commerciales, de faire, de mauvaise foi, des biens de la société un usage qu’ils savent contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement.

Mais pourquoi diable aborder ce sujet ? Il ne s’agit pas, vous vous en doutez, de vous donner des conseils juridiques. Mais plutôt de vous interpeler sur votre management…

Imaginez : un de vos collaborateurs ne vous donne pas du tout satisfaction. Peu importe son poste. Ses résultats ne sont pas à la hauteur de vos attentes. Des clients se plaignent, et ne veulent plus avoir affaire à lui. Et par voie de conséquence, les autres collaborateurs de l’équipe doivent assumer une charge de travail accrue. A maintes reprises, vous avez agi auprès de ce collaborateur. Vous l’avez alerté sur ses écarts, sur son manque de performance. Autant de faits qu’il reconnait bien volontiers. Mais en dépit de ses engagements, de votre aide, et des différentes actions de formation entreprises, rien ne change. 

Pour autant, mais vous n’imaginez pas vous séparer de ce collaborateur. Il fait partie de l’entreprise depuis tellement d’années… Vous invoquez des valeurs comme la fidélité, la bienveillance pour conserver cette personne dans l’entreprise.

Mais quel est le lien avec l’abus de biens sociaux ? Il réside dans l’intérêt de la personne morale. Quel est l’intérêt pour votre entreprise de continuer à payer une personne qui ne remplit pas son poste ? Et pire encore : quelles sont les conséquences et les coûts pour l’entreprise ? Quel est l’impact auprès du reste de l’entreprise ? Dans l’excellent livre « Responsabilité Absolue« , les auteurs, Jocko Willink & Leif Babin sont formels :

en tant que leader, ce qui compte n’est pas ce que vous prêchez mais ce que vous tolérez.

Vous envoyez un signal infiniment plus fort en acceptant une situation plutôt qu’en parlant. Dans cet exemple, vous donnez la preuve à toute votre équipe que le fait d’être durablement en dessous des performances attendues, de mécontenter les clients, de nuire à la qualité du service offert n’a aucune espèce d’importance.

Alors certes, il ne s’agit pas au sens légal (et fiscal!) d’un abus de biens sociaux ; vous n’avez pas fait payer par l’entreprise vos vacances aux Maldives. Mais ne seriez-vous pas en train de vous faire payer une bonne conscience ?

abus de biens sociaux

Image par 12019 de Pixabay

1 réponse
  1. Yves C
    Yves C dit :

    Très juste !
    Un manager qui accepte un salarié par « copinage » ou pour se faire plaisir, ou se faire cirer les pompes chaque matin par un incompétent, bref, des « fins personnelles », c’est abuser d’un « bien » qui appartient à l’entreprise.
    Et comme vous le dites, cela « en dépit … de votre aide, et des différentes actions de formation … ». Car on voit aussi l’excès inverse, le patron qui vire un employé juste par convenance personnelle, ou encore une fois pour flatter son égo.

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